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Au Conservatoire, l’excellence tient aussi à ceux qu’on paie moins

Aux CNSM de Paris et de Lyon, les accompagnateurs demandent que leur rôle pédagogique se traduise dans leurs conditions d’emploi. La mobilisation relancée en octobre rappelle que le prestige d’une école ne suffit pas à garantir l’égalité entre ceux qui y enseignent.

Le SAMUP et la CGT-Culture ont appelé à une journée de grève le 8 octobre, avec reconduction jusqu’à la reprise des discussions demandée au ministère. Leur communiqué explique qu’une réunion prévue ce jour-là aurait été annulée au dernier moment, avec un prochain rendez-vous renvoyé à 2027.

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Un accord du 14 mars 2025 a amélioré les grilles de rémunération. Les syndicats contestent le maintien de catégories distinctes pour les professeurs d’un côté, les assistants et accompagnateurs de l’autre. Ils réclament un statut, une grille de rémunération et un temps de travail uniques.

L’enjeu dépasse une bataille d’intitulés. Un statut fixe la façon dont une institution reconnaît le métier, organise sa progression et envisage sa place dans l’enseignement. Il dit aussi si l’expérience accumulée pourra se traduire dans une carrière.

Rendre le travail visible

Pour comprendre le conflit, il faut partir des missions réelles : la préparation des œuvres, les séances avec les élèves, le travail musical partagé. Quelles responsabilités pédagogiques ces professionnels assument-ils ? Quelle préparation leur est nécessaire? Comment ces tâches sont-elles comptées ?

Comparer sérieusement les catégories exige d’avoir les textes, les obligations de service et les rémunérations actuelles sous les yeux. Ce travail permettrait de sortir d’une représentation où le prestige du professeur rendrait automatiquement le rôle de l’accompagnateur moins important.

Les élèves ont besoin de ces professionnels. L’établissement a besoin de leur compétence. La reconnaissance institutionnelle devrait pouvoir se discuter autrement que par des réunions reportées.

On célèbre volontiers l’excellence de nos conservatoires. Il serait temps de regarder les conditions dans lesquelles elle se fabrique.

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