CNSM : JOUR 2 DU MOUVEMENT ÉTUDIANT
La mobilisation se poursuit au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris. Réunis en assemblée générale ce mardi 13 octobre au matin, les étudiants ont voté plusieurs décisions importantes. Et adressé un nouvel ultimatum à leur direction.

Ils avaient obtenu l'annulation des cours jusqu'au 17 octobre. Ce mardi matin, plusieurs étudiants dénoncent des engagements qui ne seraient pas respectés : des enseignants continueraient à proposer des cours et le maintien d'une session d'orchestre fait débat.
Certains professeurs peinent également à comprendre la mobilisation. D'autres appellent au dialogue et soutiennent les revendications étudiantes.
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DES ENGAGEMENTS QUI PEINENT À ÊTRE APPLIQUÉS
Hier soir, la directrice Émilie Delorme annonçait l'annulation de tous les cours et événements publics jusqu'au samedi 17 octobre inclus.
Mais ce matin, plusieurs étudiants ont signalé que des enseignants continuaient à proposer des cours, notamment en dehors de l'établissement. La situation d'une session d'orchestre reste également incertaine.
Les étudiants réclament une application effective de l'annulation des activités pédagogiques, y compris hors les murs, en visioconférence et en danse, sans travail de compensation imposé.
Interpellée lors de l'assemblée générale, la direction des études chorégraphiques a finalement accepté le principe d'une suspension des activités pour permettre aux étudiants de se mobiliser.
DES ENSEIGNANTS QUI NE COMPRENNENT PAS TOUJOURS LE MOUVEMENT
Autre sujet soulevé pendant l'assemblée générale : l'incompréhension d'une partie du corps enseignant face à la mobilisation.
Certains professeurs ne comprendraient pas les objectifs du mouvement ou les modalités d'annulation des cours. Plusieurs auraient été informés principalement par les réseaux sociaux, faute d'une communication suffisamment claire.
La question des conséquences financières de l'annulation des concerts et événements a également été évoquée.
Une enseignante présente à l'assemblée générale a appelé à ne pas transformer cette mobilisation en conflit générationnel. Elle a défendu la nécessité de continuer le dialogue tout en faisant respecter la suspension des cours.
Un enjeu supplémentaire pour les étudiants mobilisés : convaincre leurs propres enseignants du bien-fondé de leur lutte et rappeler qu'améliorer les conditions de formation des futurs artistes concerne aussi celles et ceux qui les forment.
UN ULTIMATUM FIXÉ À 15 H
L'assemblée générale a voté le principe d'un nouveau blocus dès mercredi 14 octobre si la direction ne répond pas à plusieurs exigences avant 15 h aujourd'hui :
• L'annulation effective de la session d'orchestre.
• La suspension de tous les cours et activités du Conservatoire, y compris ceux organisés à l'extérieur.
• La mise à disposition de deux salles accessibles aux personnes extérieures pour permettre les échanges entre établissements mobilisés.
• Des mesures à l'encontre des enseignants qui continueraient à assurer des cours malgré leur annulation.
Les étudiants demandent à la direction de faire respecter ses propres engagements.
LA MOBILISATION S'ORGANISE
Un comité de quatre étudiants a été élu pour organiser l'occupation des espaces : Lucille Moussalli, Rémi Cornus, Carolane Gonin-Joubert et Simon Nobilet.
Un autre groupe sera chargé de transcrire les enregistrements des réunions, afin de documenter les échanges avec la direction.
Les étudiants souhaitent également transformer le Conservatoire en lieu de débats, de rencontres et de mobilisation, avec des stands d'information, des groupes de travail et des initiatives musicales.
Une attention particulière sera portée aux étudiants étrangers, avec la traduction des tracts en plusieurs langues.
UNE CONVERGENCE AVEC LES AUTRES ÉCOLES D'ART
L'assemblée générale a voté sa participation aux rassemblements interétablissements, notamment à la rencontre des écoles d'art prévue ce matin rue des Saints-Pères.
Les étudiants souhaitent également rejoindre collectivement la manifestation de cet après-midi au départ de l'Hôtel de Ville et renforcer les liens avec les autres établissements mobilisés.
Un groupe de sept représentants a été élu pour coordonner la mobilisation avec les étudiants du CNSMD de Lyon, qui s'organisent également.
Des actions de tractage à la Philharmonie de Paris ont été votées, avec l'objectif de sensibiliser les professionnels et de renforcer les solidarités, notamment avec les accompagnateurs en grève.
La députée du 19e arrondissement Sarah Legrain (LFI) est également intervenue lors de l'assemblée générale pour saluer la mobilisation et proposer de relayer les revendications.
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